Les pratiques numériques des jeunes

Deux enquêtes ont été réalisées dans le cadre de l’Observatoire des pratiques numériques des jeunes 1. La première, conduite en 2013 et 2014, auprès de 1 600 jeunes de 16-18 ans, engagés dans des filières diversifiées révèle beaucoup de données intéressantes...

  • Les adolescents sont très équipés et très connectés même dans des contextes socio-économiques modestes (96 % des enquêtés peuvent se connecter à Internet à domicile, 78 % se connectent tous les jours) ;
  • Les activités des adolescents sont concentrées sur un petit nombre de plateformes (YouTube, Facebook, Google, Skype, Twitter). À noter  : le questionnaire n’envisageait pas Snapchat qui est devenue, depuis, une application massivement téléchargée ;
  • Les réseaux sociaux numériques (RSN) jouent un rôle pivot pour les informer sur les sujets qui les concernent. 85 % des jeunes interrogés avaient un compte Facebook, et 55 % ont cité ce compte comme source d’information intéressante pour les jeunes.

Par ailleurs, si les adolescents ont un haut niveau d’inquiétude vis-à-vis des dangers du web (virus, utilisation des données personnelles, escroquerie, harcèlement), ces craintes ne font pas obstacle à leur connexion.
Enfin, les activités et les risques sur le web sont très différenciés selon le sexe. Les garçons jouent beaucoup plus aux jeux vidéo, quand les filles utilisent davantage les applications photographiques. Les garçons redoutent plutôt les spams et les virus ; les filles, les faits de harcèlement (menaces, insultes, moqueries, questions indiscrètes). Elles sont 2,5 fois plus nombreuses que les garçons à s’en plaindre.

La seconde enquête, réalisée en mars 2015 auprès de 50 jeunes de 16-18 ans, engagés dans des filières professionnalisantes montre notamment que  le recours à l’image (photo et vidéo) dans les communications interpersonnelles est de plus en plus fréquent ; ce qui occasionne une plus grande exposition de soi et une vulnérabilité au regard des autres. Les jeunes adoptent également une attitude de retrait sur Facebook en limitant le nombre de leurs amis sur certaines applications (Snapchat en particulier). Mais ils peuvent se montrer moins prudents sur les autres RSN.
À noter que les RSN sont consultés le plus souvent sur le téléphone portable, les notifications rythment le temps de beaucoup de jeunes et suscitent une sensation d’envahissement et d’ennui. La déconnexion qui s’impose pour des raisons externes (établissement mal connecté, téléphone qui se casse) est souvent vécue comme une libération.
Des éléments qui mettent en exergue les difficultés des jeunes à construire un rapport maîtrisé à l’information, et à percevoir leur responsabilité sur les réseaux sociaux.

  1. Enquêtes réalisées dans le cadre du dispositif « Éducation aux écrans » initié par la région Basse-Normandie et développé par les Ceméa en partenariat avec le Rectorat de l’Académie de Cæn.