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Education aux médias : Pour des Etats généraux

30 ans après les lois Savary et la création du Clemi, la politique de l’éducation aux médias et à l’information attend un nouveau souffle. Des acteurs de l’éducation aux médiasdont la Ligue de l’enseignement et les Ceméa, partenaires privilégiés sur ce chantier ont saisi l’opportunité des Assises du journalisme pour faire un état des lieux et interpeller les différents représentants des ministres afin que se tiennent des Etats généraux lors du premier semestre 2013.

L’éducation aux médias fait en général l’unanimité. Parents, enseignants, éducateurs, journalistes s’entendent pour dire que les messages médiatiques ne sont pas neutres : en plus d’informer sur le monde, les médias présentent des façons de le percevoir et de le comprendre et au final permettent de se faire une opinion. Pour autant, même si des statistiques précises n’existent pas, les plus optimistes estiment que seuls 10% de jeunes sont concernés par l’éducation aux médias dans et hors l’école. Et pourtant comme l’a rappelé Laurence Corroy, Maître de conférences,responsable pédagogique du Master 2 « éducation aux médias » à la Sorbonne, .l’histoire a débuté il y a déjà de nombreuses années. En effet, utilisée pour la première fois dans les années 1950 en Grande Bretagne, l’expression media education a ensuite reçu ses lettres de noblesse par l’Unesco dans les années 60. Puis, la déclaration de Grunwald, en 1982, a constitué un premier cadre. « Sans vouloir déplorer ou se réjouir du poids des médias dans la vie des individus, la déclaration de Grunwald a insisté sur la nécessité de développer une compréhension critique des phénomènes de communication. Pour cela, un appel aux politiques était lancé afin d’organiser et de soutenir des programmes intégrés d’éducation aux médias de la maternelle à l’université, alliant analyse des contenus
et pratiques créatives, ainsi que des actions de formation de formateurs. » souligne Laurence Corroy en ajoutant « la Déclaration de Bruxelles en janvier 2011 a mis l’accent sur la nécessité que chaque citoyen développe des compétences médiatiques. Ce qui nécessite la mise en place de politiques européennes d’éducation aux médias et le développement de recherches portant sur l’éducation aux médias à destination de « tous les groupes sociaux et les communautés, à tous. ». Il s’agit maintenant de prendre en compte les mutations sociétales engendrées par les technologies de l’information et de la communication, de former à l’analyse critique de tous les messages médiatiques.

Les acteurs s’organisent
Christine Menzaghi pour le collectif a souligné un paradoxe entre un incontestable intérêt et une absence de massification et a interrogé « Pourquoi n’arrivons nous pas à changer d’échelle ? Alors que les initiatives foisonnent que les textes de référence et les rapports sont nombreux et rarement contestés ». Pour les acteurs, il ne manque qu’une chose : une volonté politique, c’est pourquoi ils ont demandé que des Etats généraux de l’éducation aux médias puissent se tenir dans le premier semestre 2013. Cette interpellation a été assortie d’un certain nombre de propositions exposées par Christian Gautellier, toujours au nom du collectif. « Aujourd’hui, il convient de : proposer des parcours, cursus, dispositifs d’éducation aux médias, systématiques, à tous les enfants, adolescents et jeunes ; développer des actions de formation en direction des acteurs de l’école, du monde de la famille et des parents, des
professionnels de l’enfance et des professionnels des médias ; créer une instance nationale de l’éducation aux médias qui mobilisera le secteur public, le secteur privé et la société civile, sur un projet national. ». Lors de cette table ronde, Gilles Braun, conseiller pour le numérique au cabinet de Vincent Peillon, Ministre de l’Education nationale, a souligné l’enjeu de l’éducation aux médias et aux usages numériques pour les jeunes aujourd’hui ? Cet enjeu apparaîtra dans la proposition de loi sur la refondation de l’école. Il a toutefois souligné la nécessité, au vu des différentes dimensions qu’elle recouvre (compréhension, critique, création, consommation, citoyenneté, interculturalité, écomomie, etc.), d’en préciser les modalités de mise en œuvre. La place des mouvements d’éducation et associations complémentaires de l’école publique, lui apparaît comme un atout dans ce vaste chantier. Cette initiative qui a reçu un large assentiment aura une suite dans les semaines à venir.

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les premiers acteurs : Anacej, Arpej, Cemea, Jets d’encre, la Ligue de l’enseignement, Les Pieds dans le Paf et le Clemi

Les fédérations de la Ligue et le numérique

sites web

88.4% disposent d'un site web (dont plus de la moitié l'ont développé en interne).

médias sociaux

66 % utilisent au moins un média social.

outils collaboratifs

84 % utilisent des outils de communication interne et collaboratif.

actions numériques

48 % proposent et développent des actions autour du numérique.


Données issues de l'enquête nationale en ligne réalisée entre juillet 2014 et mai 2015.